Une vie de Bâton de chaise

Superleggera, Gio Ponti, 1958
Week end dernier, visite à Habitat.
Nous faisons le tour du magasin, sans intention d’acheter. Une chose nous frappe assez vite. Aucun de ces meubles n’a été conçu dans le but d’être pratique.

Les sofas sont trop profonds, ou trop bas, trop mous. Le dossier, à moins de le pourvoir d’une dizaine de coussins supplémentaires est tout simplement inexistant. Même chose avec les fauteuils, desquels il est quasiment impossible d’attraper son verre sur une table basse decidément trop basse.
Un petit tour vers les chaises. Nous sommes rassurés, les gens qui achètent des meubles chez habitat ne les manipulent pas. Ils paient sans doute quelqu’un pour le faire.
Quand il est possible de les déplacer d’une main, ce sont des chaises pliantes, au dossier trop en arrière. Si vous voulez du luxe, il faudra les prendre à deux mains, car une chaise de luxe n’a pas de jour entre le dossier et l’assise qui permettrait d’en glisser une.

La chaise est sans doute le produit qui a suscité le plus d’intérêt de la part du designer, de l’architecte, du styliste. Mais le plus souvent ces chaises ont été des vecteurs de messages, plus que des modèles de confort. Rares sont celles qui respectent les règles ci-dessous:
-la légèreté
-la position du centre de gravité, le plus près possible de l’intersection entre le dossier et l’assise
-la possibilité de placer ses pieds en arrière, en avant (ce qui exclut toutes les chaises à piètement massif).
-la hauteur raisonnable (autour de 45 cm, en dessous et au dessus, risque de douleurs aux jambes)
-la relative étroitesse (pour pouvoir se lever et s’asseoir à une table sans devoir reculer la chaise de 2 mètres).
-la possibilité de la déplacer d’une main par une forme préhensible (trou ou poignée) situé le plus près possible du centre de gravité.
-Un dossier bien placé, c’est à dire relativement en avant, pour soulager les lombaires.
-Des matériaux identifiables et facilement séparables pour un recyclage éventuel.

Quelques chaises et fauteuils répondent à la plus grande partie de ces critères.

La superleggerra de Gio Ponti qui ajoute à la qualité éponyme un dessin élégant, n’a pas eu la filiation escomptée. Cependant, en cherchant dans les modèles les plus ordinaires, on a des chances de se rapprocher du confort idéal.
J’ai nommé la chaise de classe. Simple pratique, légère, empilable, aisément recyclable par l’assemblage clair des matériaux (acier et bois multiplis).
Autre standard, malheureusement quasi abandonné (je n’ai pu trouver une seule photo convenable), le fauteuil de jardin en plastique. Utilisable partout, très résistant, empilable. Souvent réalisé en PVC, il pourrait gagner à l’être en polypropylène, ou en plastique recyclé ce qui peut donner un look inimitable à chaque chaise par la combinaison des couleurs.

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