"…Prison d’été, prisons d’automne, d’hiver et de printemps,…"

J’ai entendu parler récemment d’une prison pour femmes, en Espagne, qui par certains côtés, forme une sorte de société modèle réduit. Les détenues peuvent évoluer librement dans l’enceinte de la prison, toute la journée, et ont à leur disposition une salle commune qui sert aussi bien de manufacture, de bibliothèque, de réfectoire.

Je ne connais pas la taille de cette salle, je ne sais pas non plus si l’établissement était divisé en plusieurs unités de ce type, permettant de garder une certaine échelle (ce fait penser aux établissements pour personnes agées).
Cette prison me rappelle une idée fugitive qui m’est venue il y a quelques années. Les prisons, comme beaucoup d’édifices, sont conçues pour garder la même fonction éternellement, et la liberté ne se savoure qu’en dehors de celles-ci. Ce qui veut dire que l’évolution dans le temps, à fortiori la notion même de durée, ne sont absolument pas pris en compte dans la conception, ni dans le fonctionnement. La dimension pédagogique de la prison reste un vain rêve, devant une réalité souvent sordide et dont l’enseignement aurait plutôt tendance à entraîner le détenu sur des voies plus périlleuses.
Faisons donc un peu dans l’utopie. Imaginons des établissements pénitentiaires, abritant des personnes dont le profil est comparable, et leur donnant une chance de forger des rapports dignes d’une société de droit, solidaire et responsable – l’inverse de ce qui se passe actuellement, comme si pour mieux imposer ses lois, l’état se permettait ici de n’en avoir aucune. Imaginons que cette micro-société, peu à peu devenue autonome et stable, se voie accorder progressivement une liberté totale, mais continue de se développer dans le même lieu, dans une forme inédite, qui peut rappeler celle des phalanstères, ces sociétés autarciques inventées par Charles Fourier au 19ie siècle naissant.
Ne nous limitons pas à concevoir les prisons dans un but évolutif, de nombreux édifices méritent d’être pensés dans une optique plus intemporelle et moins arc-boutée sur le programme. Certains établissements d’enseignement bénéficient déjà de cette approche dans de petits villages, s’enrichissant peu à peu, de l’école primaire, au lycée.
L’architecture répond sans doute moins à une fonction qu’à une aspiration.
(citation de « Le Roi et L’oiseau », film de Paul Grimaud, dialogues Jacques Prévert)
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s