Encore un Effort, Français,



si vous voulez être écologiques, c’est le message qui, jour après jour est distillé par les médias, le gouvernement et les associations. Il s’agit en effet de responsabiliser (plutôt culpabiliser) le citoyen.

Tandis que des entreprises comme TotalFina, EDF, et les constructeurs automobiles pratiquent le blanchiment écologique (publicité visant à faire croire à l’engagement écologique d’une entreprise) en toute impunité, que les compagnies aériennes proposent des promotions de plus en plus alléchantes, que le gouvernement encourage la construction de maisons individuelles, les médias, le gouvernement et les associations secrètent un discours moralisateur, intimant au consommateur de réduire l’usage de sa voiture et sa consommation d’énergie, de bien choisir ses produits, lui apprenant l’usage du fameux bac jaune, action-clé d’un mode de vie écologique.
Or, que font pendant ce temps les entreprises pour améliorer leur empreinte sur l’environnement? Oh, si peu, voyez plutôt:

-Les derniers modèles de voitures sont toujours basés sur l’antédiluvien moteur à explosion, et se nourissent presque exclusivement de pétrole. Or les alternatives, étudiées avec la puissance financière d’un constructeur, pourraient être mises sur le marché après seulement 4 ans d’études (temps nécessaire à l’élaboration d’un nouveau modèle) : Il s’agit de la pile à combustible (fonctionnant à l’hydrogène), du moteur stirling, de l’usage des produits de la méthanisation.

-Le suremballage n’a fait que des progrès ces dernières années, témoins ces emballages pour lampes à basse consommation, prenant 4 fois leur volume, les paquets de céréales, ou encore les fameuses « mini-faisselles », qui proposent une portion de fromage blanc de 30g dans un emballage sophistiqué à excès. Quand à la fameuse « brique », de lait ou de jus de fruit, elle fleurit toujours sur les rayons, alors qu’elle est totalement inrecyclable parce que multicouche (métal+plastique+carton).

-Les dernières innovations aéronautiques présentes dans les flottes des grandes compagnies, datent des années 70. Pourtant, les progrès de l’informatique devraient nous permettre de concevoir des appareils qui se servent mieux des courants aériens, qui tirent partie de l’énergie solaire, qui font moins de bruit. Il ne semble pas que ce soit la priorité, ni des constructeurs, ni des compagnies.

-L’obsolescence contrôlée (par exemple le lave-linge prévu pour tomber en panne au bout de 2 ans) règne plus que jamais dans l’électroménager, les programmeurs produisent des logiciels de plus en plus lourds pour un intérêt quasi-équivalent, obligeant l’usager à se rééquiper constamment.

J’ai choisi ces quatre exemples, pour leur forte présence publicitaire, le verrouillage de leur marché (l’innovation est très risquée et souvent coûteuse), et la prise directe avec le consommateur.

Les associations donc, face à cette attitude conservatrice des entreprises, conseillent au consommateur de « voter avec son caddie ». Mais qui peut prétendre avoir réellement le choix? Existent-ils suffisamment sur le marché, ces produits emballés légèrement, ces voitures d’un autre genre, ces compagnies aériennes respectables, ces alternatives logicielles et matérielles?
Notre marché offre-t-il réellement la possibilité aux produits et services écologiques de se développer?
Si un produit est nuisible, comment se fait-il qu’on le retrouve encore en rayon, après tout ce qu’on a entendu?

Ce qui ressort des premières conclusions du « Grenelle de l’environnement » (titre par ailleurs produit d’un véritable pillage historique et symbolique) est une vague resucée des Agendas 21 (http://www.agenda21france.org/) , c’est à dire des mesures incitatoires, en aucun cas normatives et légales.

Je réponds que le temps n’est plus aux atermoiements, aux recommandations polies, au discours culpabilisant. Le temps est à l’établissement de normes, de règles de bonne conduite et de bonne fabrication, à l’instar de celles qu’on impose pour la sécurité de l’usager.

La réalité nous prouve que ce n’est pas la demande qui crée l’offre, mais l’inverse.Elle nous prouve aussi que ce n’est pas le consommateur qui peut à lui seul faire bouger les lignes, mais le citoyen, notion dont le sens semble se réduire à l’obéissance pour nos élites dirigeantes.

Le citoyen qui vote, s’engage, réagit, en laissant par exemple les suremballages au supermarché, en demandant le retrait du marché des produits qui grèvent son avenir et celui de ses enfants, en mettant les entreprises devant leurs responsabilités, par le moyen d’actions symboliques fortes, et de manifestations visibles, et non simplement d’un changement très limité (et coûteux) des habitudes.

Article publié sur Naturavox

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