Le train de l’aménagement

Les voies de la gare de Székesfehérvár, Hongrie (photo : Martin Lucas)

Pourquoi je m’intéresse tant aux transports et en particulier au train ?

Parce que contrairement à l’idée reçue, il ne doit pas être pensé comme une réponse à des besoins, mais plutôt comme un moyen de changer la répartition des populations et des emplois.

Le train a ce formidable pouvoir de rendre attractives des localités qui ne l’étaient pas auparavant, en les reliant à d’autres. Paris est d’ailleurs si bien reliée que le territoire français subit les effets pervers de sa trop grande attractivité.

Le train favorise une urbanisation dense, car il propose des points d’arrêt fixes. Il sera donc toujours plus rentable de construire densément près d’une gare que dans une ville qui n’est que desservie par la voiture.

A une échelle plus réduite aussi, le train est un levier puissant :

Une gare est un catalyseur urbain. Les aménageurs, après les errements des « gares des betteraves » (TGV Lorraine, Avignon TGV), ont fini par le comprendre et dotent la plupart des gares situées en zone urbaine de nombreux services, parfois même de petits marchés (exemple : Pont-à-Mousson). La proximité d’une gare est un critère majeur d’installation.

Contrairement aux routes, les emprises ferroviaires sont des écosystèmes protégés, des couloirs à air pur, des sols qui facilitent le drainage. Les considérer d’emblée comme des réserves foncières est un peu réducteur. Comme des aménagements parisiens le montrent (Halle Pajol, jardins d’Eole), elles voisinent en synergie avec des espaces verts et apportent une denrée rare au sein des villes : le grand paysage.

Le chemin de fer est donc l’alpha et l’oméga de toute politique territoriale réussie. Il implique qu’avant de le voir comme solution d’un besoin en transports, nous le mettions en oeuvre dans un but d’équilibrage et d’aménagement, pas de simple desserte.

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2 réflexions sur “Le train de l’aménagement

  1. C'est plutôt une logique d'ensemble que je défends.
    Par exemple à l'échelle nationale :
    Si le TGV était moins construit autour de Paris (ce que je souhaite ardemment), les loyers seraient modérés et les activités/emplois mieux répartis sur toute la France. Vous ne seriez pas forcé(e) de vivre en banlieue parisienne.

    Et aller à Nantes, Montpellier, Lille ou Bordeaux me prendrait peut-être plus de temps. Mais peut-être n'habiterais-je pas à Paris non plus !

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