Detroit : défaire le noeud coulant du pétrole

Ces quelques réflexions ont mûri durant mon voyage de retour de Detroit à New-York, sur la Lake Shore Limited. Fidèle au train, car ce pays était d’abord celui du chemin de fer.
En allant à Detroit, je m’attendais à voir la promesse d’une autre manière d’aménager et de vivre la ville, ou plutôt le territoire, tant la notion européenne de ville est éloignée de ce qui vous attend à Detroit.
C’est à la fois un choc spatial et une déception. Plus Detroit tourne le dos à ses vestiges, plus elle se prive de ce qui pourrait la faire repartir. Plus Detroit ferme les yeux sur son passé, plus elle en reconduit les erreurs.
C’est sans doute parce que pour faire redémarrer Detroit, il faudrait renverser un modèle de développement basé sur le pétrole, le modèle Etats-Unien.
C’est sans doute parce que, trop concernés par ce qui leur arrive, le peu de Détroitiens qui restent ne peuvent envisager leurs ruines comme une source de renouveau et une singularité à même de générer une attraction comme peu de villes dans le monde connaîtront.
Detroit sera peut-être comme Berlin d’ici 20 ans, mais elle aura besoin l’aide de tout le monde, car tout le monde est concerné par ce que Detroit pourrait devenir.

  1. L’urbanisme Etats-Unien, facteur majeur d’instabilité mondiale

Pourquoi en tant que Français, en tant qu’Européen, je me sens concerné par ce qui arrive à Detroit, et dans les autres villes Etats-Uniennes ? Cela peut paraître évident car nous sommes habitués à suivre de près tout ce que les Etats-Unis veulent bien nous faire partager : leur culture, leur politique, leur extraordinaire force de frappe militaire. Pourtant la question mérite d’être posée aussi quand il s’agit de l’urbanisme.

Soutenant le progrès de la voiture personnelle, qui était un levier économique majeur dans les années 20, les villes Etats-Uniennes se sont presque toutes structurées de manière très étalée (New-York, et spécialement Manhattan, est une exception), permettant à chacun de prolonger le rêve Etats-Unien, cet individualisme forcené appuyé sur un puissant ordre social et moral. Tablant sur des ressources pétrolières illimitées, ce développement se trouve aujourd’hui à un tournant.

L’  « oil peak » ayant vraisemblablement été atteint en 2006, il est fait de plus en plus usage de techniques de forage non conventionnelles, dont la fracturation hydraulique, utilisée pour les gaz de schiste, est la plus médiatisée. Dommages à l’environnement, mauvaise image, cette technique reste un pis-aller pour une nation qui n’a jamais hésité à défendre coûte que coûte le sanctuaire qu’est l’énorme réserve de pétrole conventionnel de l’Alaska, quitte à déséquilibrer des régions entières pour s’assurer un accès facile au pétrole, que ce soit au Venezuela ou dans la péninsule Arabique.

Les Etats-Unis se trouvent donc devant un choix cornélien : ravager leur propre environnement avec des forages très polluants et peu rentables ou guerroyer de plus belle pour conserver un avantage sur les autres puissances consommatrices d’énergie fossile ?

On a souvent vanté l’agilité et la capacité à rebondir du peuple Etats-Unien. Il y a pourtant un modèle sur lequel ils sont peu enclins à revenir : l’urbanisme automobile. Detroit représente à la fois la faillite de l’industrie et de l’urbanisme automobile. C’est aujourd’hui pour ces deux principes en perdition que les Etats-unis se sont engagés dans une guerre sans fin contre le reste du monde. C’est grâce au pétrole pas cher que ce modèle à bout de souffle peut encore tenir. Si on ajoute à son coût les dépenses militaires nécessaires à la garantie de l’approvisionnement, le pétrole est-il si peu cher pour les Etats-Unis ?

Voilà pourquoi je m’intéresse à Detroit. Je crois que si l’on ne prend pas à bras-le-corps les problèmes urbains des Etats-Unis pour réduire le recours au pétrole, d’autres conflits arriveront et mettront à mal l’équilibre mondial, y compris en Europe. De même qu’il est à la source de la crise des subprimes, l’urbanisme Etats-Unien est la source de déséquilibres géopolitiques.

  1. Un symbole de l’entropie

A Detroit, un type d’occupation des sols, un type d’édifice domine tous les autres en importance. Ce ne sont ni les industries, ni les bureaux, ni les logements.

Il s’agit du stationnement. Qu’il soit extensif ou en silos, il passe par tous les états. Souvent honnête quant à sa fonction, il prend parfois des airs de palais ou de musée d’art contemporain. Certaines rues, certains croisements, ne sont flanqués que de bâtiments ou d’aires de stationnement, donnant l’impression dérangeante d’être au cœur d’un manège, justifié par le seul culte du mouvement, hors de toute utilité externe.

Pourquoi les Détroitiens se déplacent-ils en voiture ? Parce que leur ville est peu dense, même en plein centre. Pourquoi est-elle si peu dense ? A cause des nombreux garages et parcs de stationnement qui l’entrelardent. Trous d’air démotivants, zones à la réputation d’insécurité, ceux-ci n’incitent pas à la marche. L’autojustification de l’automobile marche à plein régime.

En proche couronne pavillonnaire, le stationnement individuel domine, et c’est un autre type de bâtiment qui sort du lot : le lieu de culte. A Detroit, on ne compte pas moins de 1000 lieux de culte, presque autant qu’il y a de congrégations. Ils sont pour la plupart abandonnés mais témoignent d’une vie spirituelle intense, fait devant lequel vacille la réputation de pragmatisme des Etats-Uniens et notamment des habitants de Detroit.

  1. Le miroir déformant de l’Europe

Indissociable de la forme urbaine, la répartition sociale de Detroit et de la plupart des autres villes Etats-Unienes est l’inverse de ce que nous constatons dans les villes européennes. Ceux qui sont situés le plus loin du centre sont les plus aisés : leur statut implique d’avoir plus de terrain, et car ils sont en mesure de s’offrir une voiture confortable et l’essence qui va avec. Etonnante logique qui se rapproche de celle des fermiers généraux ou des seigneurs, à ceci près que la terre des nouveaux châtelains est généralement improductive, même si elle sert parfois à des loisirs comparables aux chasses de l’ancien régime : golf, balades à cheval, etc.

Detroit est aussi fascinante car elle concentre spatialement les problèmes que traversent presque tous les pays de l’OCDE : la désindustrialisation/délocalisation galopante, causée notamment par des taux de change déséquilibrés et des accords commerciaux bancals.

Que nous dit Detroit à ce sujet ? Que la « crise économique » a des répercussions concrètes sur l’utilisation du territoire. Ce qui est présenté élégamment comme une fatalité (c’est la crise, ma bonne dame), peut paraître virtuel, mais les comportements de fuite en avant qu’elle génère ont des conséquences bien réelles : dégradation des sols, gâchis de matière, dégâts sur la santé, l’éducation, et, enfin, l’atmosphère.

  1. Une autre vision du véhicule personnel ?

Même s’il est à ses prémices, on note un recul global du marché de la voiture personnelle : basée sur l’obsolescence programmée, elle se révèle trop coûteuse par années d’utilisation. Avec le développement du « Leasing » (location de longue durée), la question de la qualité de fabrication, de l’évolutivité et de la facilité d’entretien des véhicules se pose.

Quoi de mieux que le logiciel libre pour définir une stratégie ? Le logiciel libre, dans ses plus grandes réussites, combine le plus souvent une application libre de droits, rarement payante, à laquelle est associé un écosystème de services : formation, adaptation, maintenance.
Transférer ce modèle à l’automobile, c’est briser enfin cette loi de « tout ou rien », qui fait mettre à la ferraille des tonnes de véhicules, fautes de pièces disponibles pour les réparer. C’est relocaliser un ensemble d’activités liées à la mobilité et contrôler en amont le coût du transport individuel et semi-collectif. C’est enfin une réponse rapide à la ville diffuse.

Detroit, qui concentre les plus importants constructeurs des Etats-Unis, pourrait devenir le cœur de cette nouvelle industrie.

  1. Une ville de loisirs en devenir

Les éléments le plus vains, les plus outranciers de Detroit, sont peut-être justement sa planche de salut.

Dans les années 70, Detroit s’est dotée d’un moyen de transport collectif. Seulement, étant LA ville de l’automobile, Detroit ne pouvait faire comme les autres, un métro ou un tram (qu’elle eut avant-guerre et qui avait été supprimé).

Ce sera donc un monorail, sur un tracé circulaire et court, et grâce à ce tracé court, il sera sur une seule voie, car il faut seulement 15 minutes pour en faire le tour complet. Nommé le « Detroit People Mover », il constitue sans doute l’élément le plus significatif du paysage Détroitien. Longeant nonchalament les façades ou les traversant sans ambages, il souligne avec une grâce féline la raideur des buildings, Qui plus est, du fait qu’il est à une voie et automatisé, il offre une expérience cinématique extraordinaire, qu’on soit à l’avant ou sur les côtés.

Et pourtant, le seul véritable transport collectif de la ville n’a aucune utilité !

Réussissant à attirer péniblement 5 ou 6 personnes par wagon aux heures de pointe, il pâtit d’un tracé trop petit et mal conçu. En effet, il relie entre eux des bâtiments aux mêmes fonctions : bureaux et commerces. Il n’a donc aucune justification concrète et son usage sporadique préfigure ce qui peut arriver à certains tronçons du métro du Grand Paris, si l’on ne fait rien pour diversifier les zones qu’il est appelé à relier.

L’autre idée qui n’a pas vraiment marché est celle des passerelles fermées, climatisées, reliant quelques bâtiments autour du « Renaissance Center », point névralgique du Dowtown de Detroit, phallus à peine voilé à la gloire de la toute-puissance automobile vu de l’extérieur, et délire spatial des plus ludiques, résultat d’une collision entre Piranèse, Louis Kahn et Ledoux, côté intérieur.

Voilà un sombre tableau qui ne présage pas un avenir serein, et pourtant, par leur impact esthétique, ces éléments combinés représentent un génial point de départ à la mutation possible du centre de Detroit. Peut-être cette mutation est-elle déjà là, à l’insu de ses habitants.

Detroit, avec ses maisons hantées, son labyrinthe à miroirs et son train fantôme, n’a-t-elle pas déjà toutes les qualités d’un parc d’attractions ? Il ne manque plus qu’un personnel dévoué pour permettre des visites en toute sécurité, ce qui amoindrira certainement le charme pour les snobs dont je fais partie, mais augmentera à coup sûr la fréquentation de ces vieilles courtisanes que sont les théâtres et gratte-ciel aux somptueux halls du centre de Detroit.

Or, pour l’accueil des touristes/explorateurs, si quelques tour-opérateurs improvisés se sont lancés, les firmes traditionnelles restent bien à l’écart de ce goût bizarre pour les ruines modernes.
Habitué à demander poliment l’accès à quantité de bâtiments anciens souvent fermés au public, en Italie, en Pologne, en Serbie, en Ecosse, je ne me suis jamais vu opposer autant de refus qu’à Detroit. Lorsqu’on demande à jeter un œil à un vieux cinéma encore dans son jus ou à prendre des photos dans un hall couvert de somptueux motifs art-deco, on se voit opposer le plus souvent un refus bourru, parfois assorti d’un numéro de téléphone qu’on vous demande d’appeler pour « prendre rendez-vous ».
A Detroit, soit le bâtiment est totalement abandonné, et c’est à vos risques et périls, soit il est occupé et bien qu’attirant de nombreux curieux, il reste à l’abri des regards, faute de personnel, ou plutôt faute de discernement.

Certains Détroitiens savent qu’ils sont assis sur une mine d’or, témoin ces « agents de sécurité » des sites industriels, qui se transforment illico en guides moyennant finances, mais la majorité regarde le curieux venu voir, comme il en a l’habitude en Italie, les vestiges d’une gloire passée, comme un parasite, un original.

Le tourisme, voilà ce qui sauvera peut-être le centre de Détroit d’une forte odeur de renfermé, combinaison entre les nouveaux yuppies et les installations artistiques vides de sens.
Acceptons une fois pour toutes que cette partie de la ville ne deviendra jamais un « business-center », comme la municipalité ne cesse de le clamer sur des calicots, et faisons-en un parc d’attractions délirant, ouvert à toutes les fantaisies, non pas le propret Disneyland, mais le demi-monde, les limbes, les ténèbres où tout est possible, et où adultes comme enfants trouveront de quoi exciter leur imagination.
Cette vision n’exclut pas bien sûr une approche didactique sur l’histoire de Detroit, mais a l’avantage de tracer un chemin clair, loin des déclarations abstraites à la Coué. Le People Mover, fil d’Ariane de cette Babylone moderne, devient le train à sensations qu’il a toujours voulu être : panoptique, vertigineux, futuriste, c’est à dire complètement kitsch. Au passage, au lieu du tarif de 75 cents qui dévalorise l’expérience même, il pourrait se voir appliquer sans peine celui de 4 dollars.

Au-delà de l’aspect touristique, les énormes bâtiments industriels et la pléthore de maisons abandonnées sont un terreau fertile pour l’industrie cinématographique. Pour implanter cette industrie, il faut une base de compétences, un réseau de professionnels à même de fournir l’ensemble des moyens techniques d’un tournage : location de matériel, studios, hébergement, traiteur, salles de montage. Inutile de pousser plus loin l’analyse pour réaliser qu’il s’agit là d’un véritable écosystème.

Detroit, Hollywood du Midwest ? Et pourquoi pas ?

  1. Un important capital culturel

Detroit, ce ne sont pas que des ruines et un monorail. Ce sont aussi d’excellents musées.

Le Detroit Institute of Arts rassemble pas moins de 65 000 œuvres, allant de l’Antiquité à aujourd’hui, et peut rivaliser sans peine avec le Kunsthistorisches Museum de Vienne, la Alte Pinakothek de Munich ou le Musée Royal de Bruxelles. Il comporte comme tout musée des beaux arts, quelques exemplaires représentatifs de chaque période : antique, gothique, renaissance, maniérisme, flamands, impressionnistes, etc.
Les musées des beaux-arts, présents sur presque tous les continents, sont non seulement le curseur qui détermine l’importance culturelle d’une ville dans une perspective européo-centrée, mais aussi une facette de la globalisation, plus respectable qu’une chaîne de fast-food. L’approche du musée de Detroit, didactique sans être infantilisante, abolit d’un coup la distance d’avec l’art européen, y compris l’architecture, avec par exemple une chapelle gothique lorraine, sauvée de la ruine et replacée pierre à pierre dans le musée.

De ce schéma prévisible émergent les immenses fresques de Diego Riviera, chronique douce-amère de la réussite industrielle de Detroit, qui ne cache pas l’aliénation qui l’accompagne. Un pendant grave aux « Temps modernes » de Chaplin en somme.

Face à la faillite municipale, il est régulièrement question d’en vendre les collections. Heureusement jusqu’ici, des voix se sont toujours élevées arguant que le musée serait un atout majeur une fois passée la « crise ».

En face du DIA, la bibliothèque centrale, bâtiment faisant plus penser à un opéra ou à un hall de gare qu’à une bibliothèque. Situé au cœur du campus de la Wayne State University, elle était pourtant presque vide au moment de notre visite, peut-être parce qu’elle fait doublon avec d’autres bibliothèques plus spécialisées.

C’est un tout autre spectacle qui attend le visiteur prêt à remonter la Woodward avenue, épine dorsale de Detroit, sur environ 5 ou 10 kilomètres. De zones commerciales en maisons cossues, nous voici maintenant à Bloomfield Hills, localité de la Cranbrook Academy of Arts.

Bienvenue dans un sanctuaire dédié aux arts les plus nobles. Dessinés par Saarinen père et fils, rappelant un cloître anglican pour l’un et le Palais du trocadéro (à moins que ce soit le stade de Nuremberg) pour l’autre, les bâtiments, d’exceptionnelle qualité, sont imprégnés d’attentions pédagogiques.

Ainsi la nouvelle gentry du Michigan est assurée de voir sa progéniture apprendre les principes de la beauté dans un cadre idéal, loin des turpidudes du Downtown.

C’est peut-être là le hic. Par sa suggestion permanente, son obsession de l’exemple, cette architecture annihile toute éventuelle initiative. Lourds de sens, ces bâtiments et ces jardins intouchables ne sont pas des pages blanches où écrire le nouvel art, mais des sarcophages à la gloire de l’art passé, dont la leçon morale et esthétique profiterait certainement plus aux aspirants magistrats ou experts-comptables, qu’aux artistes en devenir.

Detroit est aussi une ville de musique. Depuis le Jazz jusqu’au Hip-Hop (avec Eminem), en passant par l’aventure de la Soul avec le label Motown de Berry Gordy, Detroit a, à l’instar de Londres ou de Berlin, été en pointe de nombreux mouvements musicaux du 20ie siècle, ce qui se traduit par une forte présence de la musique dans et hors de l’espace public, et une qualité indéniable des choix musicaux.
Que reste-il de cette histoire ? Pas grand chose, quelques studios vivotent ça et là. La création musicale s’est raréfiée et dispersée, aidée par le développement d’internet. Reste sans doute un important vivier de professionnels du son.

  1. Agriculture

Du fait de ses nombreux terrains libres, Detroit est souvent associée à « Agriculture urbaine ». Or rares sont les initiatives, la plus importante étant celle de l’association « Earthworks », qui cherche à concilier production agricole et réinsertion.

Cependant, il n’existe pour l’instant aucune structure capable de recenser et de prendre en charge l’exploitation des centaines d’hectares de terrains privés à l’abandon, en attendant qu’ils soient réassignés à un autre usage.

Tout simplement parce que l’agriculture seule n’est pas assez rentable. Il faut pour cela que les phases de transformation des produits (découpe, cuisine, mise en conserve), fortes en valeur ajoutée, soient implantées à proximité des terrains de cultures. Ainsi, ces phases étant souvent synonymes de déchets compostables et de réduction des volumes, on crée des emplois divers et qualifiés, tout en évitant du transport inutile.

Ce modèle productif peut répondre aux besoins en traiteur des studios de cinéma et permettrait aux tournages de devenir exemplaires en matière d’empreinte environnementale.

_______

Au travers de ces 7 points, j’ai souhaité montrer l’énorme potentiel de Detroit, mais aussi l’aveuglement de ses édiles. Focalisés sur sa reprise économique « comme avant » ou en tout cas sans but précis, et soucieux de faire oublier sa décadence, unique dans l’histoire, ils se privent du levier économique énorme que représente cette identité. Detroit ne ressemble à aucune autre ville. Et si Detroit commençait par exacerber ce qui fait sa singularité ?
Et si Detroit, de spectateur impuissant de sa propre déchéance, devenait le spectacle ?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s