Recouvrir, pourquoi, quand, comment ? L’exemple de Trappes

La couverture de l’autoroute A1 à Saint-Denis (93) source

Riverains excédés par le bruit et la pollution, promoteurs enthousiastes à l’idée de nouveaux terrains, élus soucieux de leur réélection, le recouvrement des autoroutes semble faire l’unanimité.

Est-ce pourtant si simple ?


Quand les sommes investies, par exemple 100 millions d’euros pour le recouvrement de la RN10 à Trappes, correspondent à 100 km de voie ferrée standard neuve, il est peut-être louable de s’interroger sur le regard qu’on porte sur le problème.

Dans le schéma proposé par les commanditaires, il semble que la RN10 soit un équipement non questionnable. Le document de concertation ne mentionne d’ailleurs pas le trafic en tant que tel et aucune étude de circulation visant à établir les origines et destinations des usagers de la RN10 sur ce tronçon, ne semble avoir été établie.

On aurait peut-être découvert qu’il était possible, pour une large part, de répondre aux besoins des usagers de la RN10 par d’autres moyens. Ces moyens auraient pu être financés avec le budget de cette couverture.

Partant de ce principe, nous aurions un projet fondamentalement différent, basé sur une prise en compte des nuisances à la source, pas à l’arrivée :

– Investir 90 M d’euros dans la réalisation et la rénovation des voies ferrées, le développement du fret et du transport de voyageurs, pour répondre aux besoins des usagers actuels de la RN10,

– Consacrer le reste à des aménagements piétons pour compenser les ruptures urbaines : passerelles, carrefours pacifiés au moyen de zones de rencontres,

– Ralentir la circulation sur l’autoroute à 50 km/h au niveau de Trappes, et même pourquoi pas, réduire la chaussée. La perte de 40 km/h sur 2 km ne fait perdre qu’une minute en temps de transport, ce qui est dérisoire.

Ainsi, non seulement les nuisances de l’autoroute seraient fortement modérées, mais ces sommes profiteraient directement à l’amélioration des transports dans la région, ce qui contribuerait à diminuer le trafic routier.

Aujourd’hui encore, le financement des aménagements routiers semble aller de soi, alors qu’à chaque investissement ferroviaire, il s’en trouvera toujours pour crier à la gabegie.

Difficile dans ces conditions de prétendre faire la « transition écologique ».

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