La ville durable, au-delà des slogans

A l’heure où au sommet pour le climat, on discute objectifs d’émissions de GES et voiture « propre », il serait peut-être intéressant de se pencher sur les vraies solutions aux problèmes de pollution et de consommation énergétique des villes (même si la ville reste la structure la plus économe en énergie).

La ville de demain, celle qui consomme moins, produit moins de gaz à effet de serre en apportant plus de qualité de vie à ses habitants, est avant tout une ville construite de manière dense, ce qui implique aussi de ne pas aller trop haut, car la hauteur devient vite contre-productive. J’ai abordé la question de la densité dans cet article.

Une ville durable, c’est une ville qui milite en faveur d’une alimentation moins carnée. En effet, si la viande (bovine notamment) détient des records en émissions de GES, elle ne se contente pas de cette palme. C’est aussi la plus dépensière en espace. A cause notamment de notre consommation de viande, il nous faudrait deux fois les surfaces agricoles de la France pour répondre aux besoins. Que faisons-nous ? Nous nous appuyons sur les pays plus pauvres, qui nous fournissent du soja OGM. Proposer un repas sur deux sans viande dans les cantines municipales, c’est participer à la réduction des GES et de la pression foncière aussi sûrement qu’en achetant des voitures électriques.

Une ville durable, c’est une ville qui apprend à produire sur place, mais pas n’importe quoi. Les surfaces (de toitures ou de jardins) étant réduites, il s’agit de privilégier les cultures de fruits et légumes fragiles, ne supportant pas le transport, et potentiellement riches en vitamines. Il s’agit aussi, enfin, de professionnaliser les filières, et de sortir de l’amateurisme qu’on constate aujourd’hui encore dans l’agriculture urbaine, faute de soutien public.
Supprimer les sources de pollution (chauffage urbain, transports) est aussi un moyen de garantir la qualité de la production.

Une ville durable, c’est enfin une ville de taille raisonnable. Le débat sur la taille optimale d’une ville n’est toujours pas clos car cela dépend de nombreux critères. Cependant un indice réside dans le temps de transport moyen constaté entre le domicile et le travail, directement lié à l’étalement de l’aire urbaine. Quel est le temps de transport tolérable ? La réponse est-elle toujours de créer une nouvelle ligne et augmenter encore la taille d’une ville ? Qu’est-ce qui favorise l’expansion d’une aire urbaine comme Paris ? Beaucoup de raisons à cela, que j’évoquerai dans un autre article.

Nos élus font-ils toujours des choix qui puissent mener à une véritable durabilité ?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s