Les 10 mesures pour des territoires efficaces (+ un bonus)

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Ton futur carosse. (Musée des carosses, Lisbonne, Portugal, 2016, Photo : ML)

Tu veux devenir président(e) de la République, mais tu n’as pas d’idées ?

« Si c’était un problème, ça se saurait ! ».

Oui, bon. Mettons que nos concitoyens soient d’un coup devenus très exigeants sur le programme… Mettons que d’un coup, la pollution, le respect des engagements de la France à la COP21, leur santé, leurs finances, la qualité de leur cadre bâti, soient devenus prépondérants à leurs yeux. Mettons que tout le monde se mette à voter, même les blasés. Que faire ?

Faire diversion en proposant la torture pour arracher le poil de la main de ces feignasses de chômeurs ? Faire poser une puce à tout bébé montrant des signes de radicalisation en refusant de finir ses pots de blédina ?

Oh là l’ami, pas besoin d’aller aussi loin dans la démagogie et le recyclage ! Pour toi, candidat(e) aux dents longues et aux idées courtes, que tu sois écologiste, socialiste de droite ou de gauche, gaulliste, libéral-trotskiste, bisounoursiste, ou tout simplement un peu énervé(e), j’ai concocté tout spécialement 10 idées à reprendre telles quelles, sans avoir besoin de changer une virgule ! Alors, à l’attaque  :

Territoire

La répartition des logements par rapport aux lieux de travail génère des besoins de plus en plus importants en transport. La pression immobilière est déraisonnablement forte en Île-de-France, obligeant les travailleurs à loger de plus en plus loin du centre. Alors que faire ?

Des transports encore plus efficaces et rapides ? Pour que les gens s’installent encore plus loin ? Alors là, non ! Et si on prenait le problème dans l’autre sens ? Deux mesures suffiraient à inverser la tendance de l’île-de-France à la boulimie, et celle du reste du territoire à l’éclatement :

  • L’inclusion du temps de transport dans le temps de travail rémunéré : cette mesure suffit à reconfigurer nos territoires autour de plus courtes distances domicile-travail. Elle serait mise en place progressivement sur 5 ans.

 

  • Le développement du réseau ferroviaire hors Paris, permettant des liaisons rapides entre villes secondaires, sans passer par Paris : Nantes, Bordeaux, Toulouse, Nice, Marseille, Lyon, Strasbourg, Lille, etc.

Bâtiments

Les aides aux travaux d’amélioration énergétique des logements n’ont fait qu’alimenter la hausse des prix des équipements et matériaux écologiques. Elles sont inefficaces et ont vocation à disparaître, car elles n’ont pas l’effet déclencheur de travaux qu’on attendait d’elles. D’autres mesures, bien plus motivantes, sont possibles :

  • L’inclusion dans les loyers des coûts de chauffage et d’eau chaude sanitaire (quantité au forfait/m2). Seraient favorisés sur le marché les logements les plus économes.

 

  • La limitation des loyers sur critères de confort, de proximité à une gare et de surface. Les loyers des logements en mauvais état seraient fortement baissés, incitant les bailleurs à rénover pour pouvoir les augmenter. Comme cela se fait par exemple à La Haye (Pays-bas), des agents visiteraient les logements sur demande des locataires. Aucune saisine ne serait nécessaire pour voir appliquer la loi.

 

  • Une pré-étude architecturale, énergétique et financière gratuite, financée par le budget des anciennes aides, accessible à toute personne désirant faire des travaux, pour pouvoir en évaluer le bénéfice et le retour sur investissement. Ces études seraient effectuées par des architectes employés par les CAUE. Ce dispositif existe déjà dans certaines régions et a vocation à être généralisé.

 

  • La TVA réduite pour tous les travaux réalisés sous la conduite d’un(e) architecte.

Le secteur du BTP, pourtant fortement contracté depuis la crise de 2008, peine toujours à recruter. Il est doublement dégradé et ne parvient pas à fournir une qualité constructive régulière. De nombreuses entreprises ne sont pas fiables. Cette fragilité du secteur et l’absence de vision de beaucoup de promoteurs immobiliers, produit un patrimoine bâti de mauvaise qualité, qui pèse sur les générations futures. Le même constat vaut pour l’industrie en général.

Un plombier gagne actuellement plus qu’un ingénieur commercial dans les services, avec un emploi garanti à l’issue d’une formation. Et pourtant, les familles des classes moyennes privilégient des formations non-manuelles pour des raisons symboliques et culturelles. Quelques mesures pourraient permettre d »inverser la tendance :

  • Inclusion des « humanités » (lettres, histoire, droit, langues, philosophie), dans le programme des formations techniques. Le diplôme validé aura aussi une valeur universitaire.

 

  • 1 stage en entreprise par an, depuis la 3ième jusqu’à la terminale, dont 1 sur 2 dans un métier manuel.

Transport

Le transport produit 1/3 des gaz à effets de serre émis en France, sans parler de la pollution directe (Nox, particules, etc) et de l’emprise foncière des véhicules immobilisés 97% de leur vie. Le renouvellement du parc routier par des véhicules électriques monopropriétaires pourrait prendre 15 ans. Pour quel résultat ? Une ponction et des pollutions inédites du fait des matériaux nécessaires à leur production, et un encombrement toujours aussi important.

La réduction des émissions de polluants passe par la réduction du nombre de véhicules en service et la rationalisation de leur usage. Ces buts peuvent s’obtenir en développant un transport intelligent, où les véhicules sont utilisés pour des distances optimales, seulement en cas de besoin, et au maximum de leur disponibilité :

  • Chaque gare ferroviaire devient un centre de fret et une station de véhicules mutualisés : transports collectifs à la demande, transports individuels, livraisons.

 

  • Règle des 1000 km : Suppression des vols intérieurs pour les distances inférieures à 1000 km et interdiction de nourrir des bêtes avec des aliments produits à plus de 1000 km du lieu d’élevage.

Tu as déjà tout lu ? Bravo ! Alors sache que ça ne suffit pas pour obtenir ma voix. Elle ira au programme qui prévoit ces 7 révolutions (parce qu’on peut être architecte et urbaniste, sans oublier d’être citoyen) :

Parce que trébucher sur des clodos alors qu’il y a 2.6 millions de logements vacants en France, et avoir besoin d’un doctorat en « relation avec les services publics » pour obtenir des aides légitimes, ça commence à bien faire :

  • Un revenu de base à vie, modulé en fonction de l’âge, inaliénable, en remplacement de toutes les prestations sociales, réductions ou gratuités, lié à un numéro de sécurité sociale. Pour les personnes venant de l’étranger, l’obtention de ce revenu est conditionnée à un emploi et au plafonnement du patrimoine de la personne. Ainsi, il n’y a plus aucun intérêt à employer quelqu’un illégalement puisqu’il/elle ne recevrait pas son revenu de base.

Parce que si l’impôt sur le revenu avait pu réduire les inégalités, et si les cotisations par tête favorisaient l’emploi, ça se saurait :

  • Une TVA modulée selon l’impact écologique du produit/service, remplaçant l’ensemble des impôts et cotisations (patronales et salariales) actuels.

Parce qu’il faut savoir ce qu’on veut : on est pour ou contre le mérite ? Naître avec une cuillère en argent dans la bouche, ça ne fait pas très « mérite » :

  • Un plafonnement de l’héritage et des dons perceptibles par une personne, sur les 10 dernières années. La partie dépassant le montant revient à l’Etat.

Parce que la lutte syndicale ne marche que pour certains : ceux qui ont un emploi à vie, tandis que les autres n’ont aucun moyen de donner leur avis :

  • Une démocratie paritaire au sein des entreprises : décisions à la majorité des actionnaires et à la majorité des employés.

Parce que tout le monde n’a pas envie d’être salarié(e), et que certains seuils sont stupides :

  • Attribution d’un numéro Siret à tous les majeurs de 18 ans, et suppression du seuil de recettes pour les autoentreprises.

Parce que la santé est un bien commun, pas individuel, et qu’un tiens vaut mieux que deux tu l’auras, surtout s’il s’agit de traiter une maladie qui peut s’aggraver :

  • Une Couverture Maladie Universelle pour tous et la généralisation des centres médicaux polyvalents.

Et parce que la « démocratie représentative » n’est pas toute la démocratie :

  • Mise en place de votations d’initiative populaire, de la démocratie directe par le web et des jurys citoyens tirés au sort. Moins de carrières politiques, plus de politique !
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