Se débarrasser des bouchons, c’est possible !

Chaque année, les bouchons arrivent, inévitables comme les séismes, ou la pluie lors de la Fête de la Musique.

La pollution, la perte de productivité, les nuisances causées par les bouchons se comptent en Milliards d’Euros !

Comment une manne pareille a-t-elle pu jusque-là échapper aux politiques publiques ? Comment se fait-il qu’aujourd’hui, le seul outil contre les bouchons soit « Bison Futé », une invention qui n’a pas changé depuis 1975 ?

C’est que pour les éradiquer, il faut changer notre manière de voir sur plusieurs plans.

Comment se créent les bouchons ? C’est un sujet passionnant qui a à voir avec les ondes et la physique. Pour résumer, un bouchon se crée quand le débit de voitures sur une route donnée rend impossible le respect d’une distance de sécurité. Les voitures ralentissent, puis s’immobilisent faute de recul. Paradoxalement, c’est sur les routes où certains tronçons permettent des vitesses élevées que les bouchons se créent. La vitesse élevée autorisant moins de débit, il suffit de quelques voitures de trop pour que tout se dérègle et passe à l’extrême inverse.

trafic
Extrait du calendrier de Bison Futé

Un bouchon peut aussi être causé par un étranglement ou un obstacle momentané. Une fois levé l’obstacle, un bouchon peut voyager sur plusieurs kilomètres en arrière, pendant plusieurs heures, car il se propage comme le son, sous la forme d’une onde.

Les causes des bouchons sont donc multiples, mais les solutions jamais mises en oeuvre le sont aussi. Il est possible d’agir sur plusieurs paramètres.

Répartir le trafic dans le temps

Une idée de bon sens, non ? Pourquoi ces satanés vacanciers choisissent-ils toujours les fins de semaine pour partir ?

Peut-être tout simplement parce que leurs employeurs ne les autorisent pas à prendre leurs congés en milieu de semaine ?

C’est pourtant une pratique qui gagnerait à être répandue, par des incitations fiscales : une prise de congé entre mardi et jeudi donnerait droit à une prime fiscale versée pour moitié à l’employeur et à l’employé.

Les dates de congés scolaires aussi gagneraient à être fixées non pas en fin de semaine, mais en milieu de semaine. Ainsi les départs en week-end ne seraient pas additionnés aux congés scolaires.

Réduire le nombre de voitures en circulation

Nous touchons à la part la plus importante. Encouragé et à raison, le covoiturage cache une réalité moins agréable : les Français le choisissent parce qu’ils ne peuvent plus se payer le train. C’est donc à une véritable tiermondisation que nous assistons.

C’est, après les multiples conférences sur le climat, un scandale toujours renouvelé de constater que le train ne bénéficie d’aucun plan de développement ambitieux, alors qu’il est le transport qui produit le moins de CO2 par km-passager.

Pour retirer des voitures des routes, il faut donc commencer par ne pas en ajouter, en ne décourageant pas les usagers du train par des tarifs soit illisibles, soit prohibitifs. Les abonnements nationaux doivent permettre de fidéliser une clientèle de la même manière que le fait la voiture.

Il faut aussi préserver et restaurer un maillage dense, qui évite aux habitants des zones rurales d’avoir le réflexe voiture.

Enfin, il faut développer, même (j’ai envie de dire surtout) en zone rurale, la voiture partagée et le taxi collectif intelligent, tel que UberPool le pratique. Moins de voitures en tant que propriété individuelle, c’est moins d’usagers contraints de les utiliser pour les amortir. En cela, il est possible de suivre l’exemple de Helsinki, qui veut éliminer la voiture personnelle d’ici 2025.

Réduire les distances de sécurité

Une idée qui semblait encore folle il y a 5 ans est en train de bouleverser le marché de l’automobile : l’électronique embarquée pourrait bien mettre le conducteur dans la même situation qu’un pilote d’avion de ligne, ou encore mieux : un voyageur sur la ligne 14 du métro parisien. La voiture autonome peut chambouler l’espace public de nos villes et de nos campagnes.

Des dispositifs de freinage et de trajectoire automatique chez Tesla, aux voitures autonomes développées par Google, Apple, et bientôt des constructeurs européens, un mouvement de fond devrait permettre de voir apparaître une nouvelle manière d’occuper la route : les « trains » de voitures, capables de freiner de concert en cas de ralentissement ou d’obstacle. Ces systèmes, en plus d’améliorer la sécurité, permettraient de dégager des kilomètres de sillons routiers.

Les solutions existent donc. Où est la volonté politique de les mettre en oeuvre ?

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