Voûtes plates et pierre armée

La visite de l’hôtel Saint-Florentin (actuellement Hôtel Talleyrand) à Paris, oeuvre de Chalgrin (1769), fut l’occasion d’une belle découverte, celle d’un escalier en pierre appareillée, tenant par la simple juxtaposition de celle-ci. C’est un des plus beaux exemples d’une voûte plate.

En voici l’hypothèse statique. La rive travaille en arc et les efforts sont reportés aux deux bouts. Mais elle reçoit aussi l’effort latéral de la voûte centrale. Elle est donc clavée en biais, de manière à contrecarrer la somme oblique de ces efforts horizontaux et verticaux.

Les deux côtés de cette voûte sont appareillés en trompes et viennent s’appuyer sur les murs de façade, tandis que les bords des trompes poussent sur la plate-bande de rive. Vous me suivez ?

Tous ces efforts horizontaux supposés, qui auraient pu faire tomber facilement des murs somme toute assez minces, me portent à penser que, comme la plupart des constructions audacieuses du 18e siècle (dont par exemple le Panthéon de Soufflot), la voûte est armée.

Les traits bleus représentent les armatures supposées.

Aujourd’hui, cette même technique a été utilisée par Renzo Piano pour le sanctuaire de Padre Pio (2004), mais dans un but différent : les tirants agissent comme raidisseurs pour les arcs en pierre, et non pour contrecarrer les poussées.

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